Autiste, anxieux et épileptique, Alexandra Lavallée de Saint-Hyacinthe raconte comment une simple carte a transformé sa vie sociale, et lui a redonné le goût de sortir.
Il y a des objets qui tiennent dans une poche et changent une vie. Pour ce résident de Saint-Hyacinthe, la Carte accompagnement loisir sous l’acronyme CAL, est de ceux-là. Autiste, épileptique, aux prises avec un trouble anxieux, il avait depuis longtemps renoncé aux sorties, convaincu qu’elles lui coûteraient trop cher en argent, en énergie, en stress. Depuis 2023, la CAL lui a ouvert une porte qu’il croyait définitivement fermée.

Une carte découverte presque par hasard
C’est son éducatrice spécialisée du CLSC de sa région qui lui a parlé de la CAL pour la première fois. Une recommandation venue au bon moment, dans un contexte où les sorties relevaient davantage de l’exploit que du plaisir.« J’ai tendance à me priver de sorties et de divertissement par peur de me retrouver dans une situation précaire » confie-t-il, ajoutant qu’il ne pouvait pas non plus se permettre financièrement de payer un accompagnateur.
Ce qu’il redoutait comme une épreuve administrative s’est transformé en bonne surprise. « Le formulaire est simple et les avantages sont nombreux », résume-t-il aujourd’hui avec enthousiasme. Son médecin ou son équipe de soins auraient pu le guider, comme il le conseille désormais à d’autres.
« Grâce à ce service, j’ai repris goût et confiance à pouvoir sortir de chez moi en toute sécurité pour des activités que je ne ferais pas en temps normal seul. »
La CAL, le popcorn et le grand bain
Sa toute première utilisation de la CAL, il s’en souvient avec précision. C’était au cinéma RGFM de Saint-Hyacinthe. Anxieux à l’idée de présenter la carte pour la première fois, Alexandre avait pris soin de contacter le personnel par courriel à l’avance pour bien comprendre le fonctionnement. « J’ai été très bien renseigné, et j’ai pu commencer à profiter pleinement de la CAL sans stress lors de la première utilisation.»
Depuis, le cinéma est devenu un rendez-vous régulier. « Malgré mes troubles sensoriels, j’ai toujours adoré aller voir un film en primeur au cinéma, en plus du popcorn! » Il fréquente aussi le centre aquatique Desjardins, la natation étant l’une de ses activités préférées, et l’Expo agricole de Saint-Hyacinthe.
Dans chacun de ces lieux, il dit n’avoir jamais vécu une mauvaise expérience. Ce qui le touche particulièrement, c’est d’être reconnu. « Le personnel du cinéma me reconnaît à chaque fois que j’y vais, et j’apprécie la facilité du processus lorsque je montre ma carte. » Une familiarité qui, pour quelqu’un dont l’anxiété est déclenchée par l’imprévisible, représente bien plus qu’un simple geste d’accueil.

Quand une carte suffit à tout dire
Pour lui, la CAL est bien davantage qu’un laissez-passer financier. C’est un outil de communication silencieuse. « Je n’ai pas besoin de parler, ni de me justifier. Mon niveau de stress a considérablement diminué depuis. » La carte fait le travail à sa place, amorçant une interaction que les mots auraient rendue épuisante.
Son accompagnateur y trouve également son compte. « Il est très ravi de pouvoir m’accompagner et s’assurer que je suis en toute sécurité, en plus de lui offrir du temps de qualité avec moi en dehors du domicile. » La CAL, en prenant en charge l’entrée de l’accompagnateur, efface une barrière financière qui, autrement, aurait pesé sur les deux.
« Cela a grandement brisé l’isolement et la frustration que je vivais depuis longtemps. La CAL est un outil précieux ayant un impact très positif sur ma vie au quotidien. »
Alexandre Lavallée, Saint-Hyacinthe.